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Utiliser des bois locaux pour construire, rénover, aménager

Utiliser une ressource naturelle et renouvelable, issue de forêts gérées durablement, dynamiser l’activité d’une filière de proximité, réduire l’impact des transports sur le bilan environnemental d’un projet,… les raisons de recourir aux bois locaux sont multiples.

Tristan Brisard Architecte et photographe
Bardage en bardeaux de châtaignier – terrasse en Pin traité

Utiliser des essences locales pour soutenir l’économie

La notion de bois locaux
Le terme historiquement employé par la filière était « bois de pays ». Mais depuis quelques années, avec l’avènement du développement durable et du slogan « Penser global, agir local », l’expression « bois local » s’est répandue, avec ses variantes : « essences locales » ou «essences indigènes».
En matière d’essences locales, on distingue trois approches :
– L’usage de bois «de toute proximité» : constructions utilisant du bois d’une commune, d’un massif forestier, d’un pays.
– L’utilisation de bois cultivé et transformé en France, ou « bois français »
– La valorisation d’essences « locales » cultivées dans une région ou une zone géographique regroupant un ensemble de régions : chêne ou peuplier de l’Ouest de la France, douglas du Massif central, pin maritime des Landes…

L’utilisation de bois cultivés et transformés à proximité de leur mise en œuvre génère de l’activité pour l’ensemble de la chaîne de production de la filière forêt-bois locale, régionale ou française : pépinières, sylviculture, exploitation forestière, sciage et seconde transformation.
Rappelons qu’en Pays de la Loire, la filière bois représente 5 000 entreprises et 37 000 emplois.

L’utilisation de bois produit et transformé en France participe à l’équilibre de la balance commerciale de la filière bois. Celle-ci pâtit de l’importation des produits étrangers, notamment pour le papier et le meuble.

Mobiliser une ressource forestière locale et durablement gérée

La surface de la forêt française, en augmentation depuis 1840, représente aujourd’hui 30 % du territoire métropolitain.
Les volumes de bois sur pied sont également en croissance. En effet, les prélèvements de bois ne représentent, entre 2005 et 2011, que 48 % de la production nette. Sur la même période, 42 % de la production nette de bois sont restés en stock, contribuant à l’augmentation des volumes disponibles.


Répartition de la production nette de bois
Source : IGN, – 2012 – Campagnes d’inventaire 2005, 2006, 2010, 2011

Le bois est légal s’il est attesté que son exploitation et son commerce sont conformes à la législation du pays producteur.
La réglementation française sur la sylviculture et l’exploitation forestière s’avère plus exigeante en matière de respect de l’environnement et des personnes que la législation de certains pays hors de l’Union Européenne (Amérique du Sud, Asie, Afrique, Russie…) 1. De plus, des pratiques illégales (falsification de permis d’exploitation, corruption, exploitation hors concession…) sont régulièrement relevées dans le bassin de l’Amazone, en Afrique centrale et en Asie du Sud.
Les bois distribués en circuit local ou national doivent répondre à la législation française et offrent une meilleure visibilité sur la provenance et les pratiques de production.
Les certifications de bois les plus courantes en France sont PEFC et, dans une moindre mesure, FSC®. Elles apportent la garantie que le bois ou les produits en bois ou à base de bois comportant la marque PEFC ou FSC proviennent de forêts gérées durablement et de sources légales.

La forêt française présente une grande diversité d’essences, en feuillus comme en conifères

Répartition du volume de bois vivant sur pied par essence
Source : Mémento IFN 2012

Les feuillus sont majoritaires en volumes mais sous-valorisés dans l’industrie du bois. Ils représentent en effet 2/3 du bois sur pied mais seulement 1/4 de la récolte et 1/5 des sciages.

Cette situation s’explique par :

  • L’utilisation majoritaire de sciages résineux dans les secteurs de la construction et de l’emballage.
  • La baisse de la production de sciages feuillus depuis une vingtaine d’années en raison du recul des débouchés traditionnels – notamment le meuble massif, de la fermeture de petites scieries et de l’importation de produits finis.

La récolte et la vente de produits bois, à condition qu’elles soient effectuées dans une logique de gestion forestière durable, dynamisent l’économie forestière et favorisent le renouvellement et l’entretien des peuplements.

Utiliser des essences locales pour améliorer le bilan énergétique et environnemental des projets

Les circuits localisés, en réduisant le transport des produits bois, limitent l’émission de gaz à effet de serre et contribuent à améliorer le bilan énergétique et environnemental des projets de construction ou d’aménagement.
(Soulignons cependant que d’autres postes, tels que le mode de transport, le séchage, le niveau de préfabrication ou l’utilisation de matériaux complémentaires (ferrures, membranes d’étanchéité, isolants minéraux…) peuvent être significatifs dans le Bilan carbone® d’une opération de construction et doivent donc être bien gérés dans la chaîne de production)

Quelles sont les essences locales en Pays de la Loire

 

 

La forêt des Pays de la Loire est composée à 72 % de feuillus et 28 % de résineux

Les essences principales sont le Chêne, le Pin, le Châtaignier, le Peuplier et le douglas

LE CHÊNE

chene_1.jpg

Aspect
Brun jaunâtre
Légèrement veiné
Fil droitGrain fin à grossier

Classe d’emploi
Sans aubier sans traitement : I, II, III, IV
Avec aubier et traitement adapté : I, II, III, IV

Usage du bois
Le chêne est une essence forestière chargée d’histoire, aux multiples usages, évoluant au gré des besoins des Hommes.Aujourd’hui, son bois de premier choix est utilisé en tonnellerie pour l’élevage des vins ou spiritueux ; en placage ou ébénisterie ;en menuiserie pour la fabrication de parquets et de meubles.Ses qualités secondaires servent à la fabrication de charpentes,de fonds de wagons et de traverses de chemins de fer.Sa durabilité naturelle renforcée par les nouvelles technologies de la 2nde transformation, lui permet de trouver des usages en extérieur (menuiseries, terrasses, bardages…).

LE CHÂTAIGNIER

chataignier_1.jpg
Aspect

Brun jaunâtre
Légèrement veiné
Fil droit, grain grossier

Classe d’emploi
Sans aubier sans traitement : I, II, III, IV
Avec aubier et traitement adapté : I, II, III, IV

Usage du bois
Le Châtaignier, familièrement surnommé « le chêne du pauvre », ne nous a pas dévoilé tous ses secrets. Sa richesse en tanin en fait un bois particulièrement résistant en extérieur, ce qui lui vaut des emplois spécifiques en : piquets et menuiserie extérieure (bardage). Son aptitude au fendage est utilisée pour la fabrication de bardeaux. Son bois d’œuvre est également très apprécié en charpente et menuiserie intérieure (parquet, escalier, mobilier).

LE PEUPLIER

Aspect
Bois clair
Léger
Fibreux

Classe d’emploi
Sans aubier sans traitement : I
Avec aubier et traitement adapté: I, II, II

 

Usage du bois
Le Peuplier est l’essence emblématique de nos vallées alluviales.
Les caractéristiques de son bois le rendent facile à dérouler, coller, teinter, peindre et clouer ce qui lui confère de multiples usages. Son bois de premier choix est très souvent déroulé pour être reconstitué sous forme de contreplaqué, ouvrant à tous les usages en revêtements intérieurs et extérieurs (cloisons, agencements, habillages…).

Le peuplier est également très utilisé pour la fabrication d’emballages légers (cagettes pour fruits, légumes, fromages, huîtres…) mais aussi pour la caisserie et les emballages industriels.

LES PINS

pin_1.jpg

Aspect
Rosâtre plus ou moins prononcé
Nettement veiné
Fil droit
Grain moyen à grossier

Classe d’emploi
Sans aubier sans traitement : I, II, III
Avec aubier et traitement adapté : I, II, III, IV

Usage du bois
Le Pin maritime, le Pin Sylvestre et les Pins Laricios sont ici regroupés sous l’appellation Pins.

Première essence résineuse française, les Pins nous prouvent qu’il faut compter avec eux. Les caractéristiques technologiques de son bois le rendent facile à travailler et apte au déroulage, au fraisage, au sciage, à l’aboutage, au collage, aux traitements.

Ce qui lui confère de multiples usages aussi bien en structure (charpente et ossature), qu’en revêtement intérieur et extérieur, et qu’en menuiserie. Ses qualités secondaires sont utilisées en caisserie, pour la fabrication de palette et pour la production de panneaux de particules.

LE DOUGLAS

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Aspect
Brun rouge plus ou moins prononcé
Nettement veiné
Fil droit
Grain moyen à grossier

Classe d’emploi
Sans aubier sans traitement : I, II, III
Avec aubier et traitement adpaté : I, II, III, IV

Usage du bois
David DOUGLAS, botaniste anglais, introduisait les premières graines en Europe à partir de 1827. A cette époque, il devait être loin de penser à l’essor forestier qu’allait connaître cette essence. Le bois de Douglas offre des caractéristiques technologiques exceptionnelles, particulièrement recherchées pour la charpente et l’ossature bois. Son bois de premier choix est très couru pour les revêtements et menuiseries extérieurs (bardage, terrasse),ainsi que pour les revêtements et menuiseries intérieurs (lambris, parquet, fenêtre).

Atlanbois
Bâtiment B
15, boulevard Léon Bureau, 44200 Nantes cedex 02
Tél. : 02 40 73 73 30
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