Ossature bois plateforme
Ce système est le plus répandu au monde et représente quasiment 80% du marché de la maison bois en France.
La structure est constituée de montants et de lisses peu espacés et de faible section (ossature) formant des cadres sur lesquels sont fixés par clouage des panneaux qui assurent la rigidité de l’ensemble.
L’ossature
Le plus souvent, on utilise des bois résineux (épicéa, douglas) pour l’ossature comme pour la charpente. Le taux d’humidité des bois doit être contrôlé afin d’éviter des désordres ultérieurs et garantir ainsi une bonne durabilité des assemblages.
En pratique, pour la technique de mur ouvert, on utilisera des bois ne dépassant pas 18% et pour la technique de mur fermé, on utilisera des bois ne dépassant pas 14% d’humidité.
Le contreventement
Le contreventement (ou voile travaillant) de l’ossature est assuré par des panneaux dérivés du bois ou à liant minéral :
- panneaux OSB de type 3 ou 4 (ép. mini 8 mm)
- contreplaqué type S2, S3 ou CTBX (ép. mini 7 mm)
- particules type P5 ou CTBH (ép. mini 10 mm)
- fibre de bois (ép. mini 16 mm)
- particules-ciment (ép. mini 12 mm)
- fibre-gypse (ép. mini 12.5 mm)
Le panneau le plus utilisé est sans nul doute l’OSB car il a un bon rapport qualité/prix.
Les panneaux utilisés pour le contreventement doivent répondre à la classe de service 2, milieu humide. Ils sont cloués sur leur pourtour et sur les montants et lisses de l’ossature. L’espacement entre les fixations ne peut excéder 150 mm sur le pourtour et 300 mm sur
les montants intermédiaires. Cet espacement peut être réduit pour augmenter la résistance, sans toutefois être inférieur à 50 mm.
La figure ci-contre montre des exemples de contreventement s’opposant à la déformation de la structure. Un plancher, placé sur les lisses supérieures, s’il a été conçu pour répondre à cette fonction, peut également contreventer l’ensemble en tenant le rôle de poutre au vent.
Les deux figures ci-dessous montrent des exemples courants de parois ventilés et non ventilées. Deux exemples avec contreventement intérieur et deux avec contreventement extérieur. Le principe de l’ossature et de l’isolant est comparable, quel que soit le type de paroi.
Contrairement à ce que l’on peut penser, la vêture extérieure d’une maison ossature bois plateforme n’est pas obligatoirement du bardage bois. Elle peut être également constituée de :
- bardage fibres-plastique, fibres-ciment, fibres de bois et résine
- panneaux contreplaqués, stratifiés, fibres, fibres-ciment
- pierre, briques, ardoises, bardeaux
- crépis hydrauliques sur treillis ou panneaux de laine de bois
- revêtement plastique épais (RPE) sur panneaux
- bardage PVC ou métal…
Bref, tous les revêtements sont possibles.
A noter que l’application d’un revêtement adhérant sur un panneau extérieur assurant la fonction de contreventement n’est pas autorisée. La mise en œuvre d’un contreventement extérieur sur paroi non ventilée n’est possible que dans le cadre de l’application d’un enduit hydraulique étanche sur armature métallique ou sur panneaux de laine de bois (cf. DTU 31.2) ou d’un système bénéficiant d’un avis technique (AT) ou d’un agrément technique européen (ATE) favorable à cette technique.
Le traitement des bois
Les bois utilisés en structure qui ne présentent pas de durabilité naturelle suffisante, doivent recevoir un traitement préventif en fonction de la classe de risque a laquelle ils sont exposés.
Une norme définit 5 classes d’emploi correspondant aux classes d’attaque biologiques des bois.
La préfabrication
L’industrialisation du concept permet une préfabrication des murs en atelier plus ou moins avancée :
- Prédécoupés, mi-usinés : les débits sont préparés en atelier et le charpentier édifie le bâtiment sur site à partir des colisages de bois.
- Panneaux ouverts : l’ossature contreventée est assemblée par panneaux de petites et moyennes dimensions en atelier. Les panneaux sont ensuite montés sur le site.
- Panneaux semi-fermés : l’ossature est préfabriquée en atelier, avec tout ou partie du parement extérieur. Les liaisons se font de l’intérieur sur la structure laissée apparente.
- Panneaux fermés : Les panneaux sont préfabriqués et finis en atelier sur les deux faces. Ils peuvent être modulaires.
- Modules tridimensionnels : le bâtiment est découpé en cellules élémentaires tridimensionnelles, entièrement finies en atelier.
Les exigences de construction
Les garanties de résistance aux sollicitations et de durabilité d’un mur porteur extérieur, exigent :
- de satisfaire à des exigences mécaniques, descentes de charges et indéformabilité (contreventement). Le choix et le dimensionnement des différents éléments doit respecter les prescriptions du DTU 31.2 – Construction de maisons et bâtiments à ossature bois.
- de satisfaire à des exigences d’étanchéité à l’eau : le DTU 31.2 décrit les revêtements extérieurs susceptibles d’assurer une protection continue et durable.
- de prendre en compte les contraintes hygrométriques et thermiques et plus particulièrement les risques de condensation dans les parois.
La perméance des différents matériaux qui constituent la paroi, doit être dégressive, de l’intérieur où elle doit être faible, vers l’extérieur où elle doit être très forte. Le plus souvent, un pare-vapeur est nécessaire, placé du côté chaud du mur, en particulier lorsqu’il est fortement isolé, pour se prémunir contre d’éventuels aléas de mise en œuvre.
Détails de mise en œuvre
Voici quelques schémas de coupe de mur mettant en évidence des points singuliers à respecter.
- Un soin tout particulier doit être apporté pour protéger les éléments en bois des remontés d’humidité venu du sol.
- Un film polyéthylène faisant barrière de capillarité doit être correctement posé au sol, recouvrir le muret de soubassement, remonter et couvrir la planelle de coffrage de la dalle. Il ne doit pas y avoir de rupture de ce film. Les lés doivent être largement recouverts entre eux pour assurer une parfaite étanchéité.
- La semelle d’assise est également posée sur une barrière de capillarité et sur des joints préformés, qui garantissent une parfaite protection contre les remontées d’humidité.
Autres points singuliers :
- Le film pare-vapeur est fixé sur l’ossature alors que la plaque de plâtre est fixée sur un profil métallique, ce qui crée un espace pour insérer la câblerie et les boîtiers d’appareillages électriques, évitant ainsi de pratiquer des ouvertures dans le pare-vapeur.
- Un pare-pluie, est posé sur le voile de contreventement et le bardage extérieur est posé sur des contrelattes fixées sur les montants d’ossature. Elles assurent un espace suffisant pour créer une ventilation. En bas de paroi, une grille anti-rongeur protège des intrusions de petits animaux indésirables, tout en permettant le passage de l’air.
- Les éléments de bardage en bois doivent recouvrir le joint entre la semelle d’assise et la dalle béton de 30 mm au moins et un espace de 200 mm au moins doit être ménagé entre le bas du bardage et le sol.
- La semelle d’assise est posée sur une barrière de capillarité. Si les irrégularités de surface du muret de soubassement le nécessitent, il peut être nécessaire de compléter l’étanchéité par joints préformés.
- Sur plots béton ou sur vide sanitaire, la hauteur de réservation
sous les éléments en bois ou dérivés du bois, ne doit pas être inférieure à 300 mm. - Les vides sanitaires doivent être correctement ventilés par des grilles disposées judicieusement sur le pourtour de la construction. La surface des ces ouvertures doit être au moins égale à 1/150ème de la surface totale à ventiler.
- Un film pare-vapeur est disposé sur les solives, avant la pose des dalles de plancher.
- Dans le cas ou la pose de carrelage sur panneaux dérivés du bois est prévue, il convient de prendre les dispositions nécessaires pour assurer une meilleure rigidité du plancher, en particulier en calculant la section des solives avec une flèche inférieure au 1/400ème habituel pour ce type d’ouvrage, mais se rapprochant de 1/600ème. L’entraxe de pose des solives devra être resserré pour que la flexion du panneau soit elle aussi proche de 1/600ème. Les dalles utilisées doivent être obligatoirement de classe de service 2, milieu humide, assemblages collés. Le carrelage doit être posé sur un dispositif (disposant d’un AT valide ou d’un ATE) de désolidarisation du support.
- L’isolation du plancher est posée sur un panneau, (CTBX ou OSB4) fixé sur la membrure inférieure des poutres en « I » ou sur des tasseaux cloués sur les flancs des solives.
Ce dossier (textes et schémas) est extrait en grande partie du blog http://boisphile.over-blog.com.



